Près d’un quart (24 %) des Femmes ayant subi des violences physiques ou sexuelles déclarent avoir recherché de l’aide. Les organisations qui les accueillent suivent un protocole standard sur le plan médical, juridique et psychologique, et beaucoup de Femmes abandonnent les procédures en chemin : les proches, les institutions, les personnes du côté du bourreau poussent dans un même sens, et la réalité matérielle et quotidienne favorise la renonciation à chercher justice. Il fallait donc, en dehors de l’accompagnement standard et institutionnel, une méthode qui crée un lien plus serré, plus intime, plus sécurisant, plus constant, pour permettre aux Femmes d’aller jusqu’au bout du processus.
C’est le marrainage. Une Femme victime de violence est jumelée avec une autre Femme, la marraine, survivante de violence elle-même. Les deux Femmes apprennent à se connaître, partagent leurs histoires, leurs vécus, leurs expériences, et s’aident mutuellement dans la longue démarche de reconstruction. La méthode s’applique aux différentes formes de violences, et aussi aux Femmes voulant procéder à une interruption volontaire de grossesse, à toutes les étapes, avant, pendant et après, dans un pays où l’avortement est encore illégal.
Les survivantes deviennent à leur tour des actrices engagées contre les violences faites aux Femmes, liées par la solidarité et par des vécus communs. Ensemble, elles se réapproprient leur histoire et puisent dans leur puissance pour se protéger, se reconstruire, et faire de leur parcours un outil de résistance.
Dans ce programme, la marraine est une Femme qui a elle-même survécu aux violences, jumelée avec une autre pour qu’aucune ne fasse le chemin seule.